|
|
|
 |
 |
|
|
SOUS LE SCEAU DE LA CULTURE Par Mohamed
Soumah |
Intellectuels
guinéens à vos plumes ! |
Jean Paul Sartre ne disait-il pas “ (…) Je tiens Flaubert pour responsable de la repression qui suivit la Commune parce qu’ils n’ont pas écrit une ligne pour l’empêcher”.
Ecrivons car les intellectuels sont toujours en “situation dans (leur) époque. Chaque parole (écrit) a des retentissements. Chaque silence aussi”.
Oui chaque silence !!! allons-nous, nous taire face aux assaillants de la plume ? Par voie de conséquence, nous devons rompre le silence ou la résignation pour expliquer aux communs des mortels que la fin des idéologies renforce de nos jours la culture de la violence qui met en péril des Etats sous l’effet “d’entertainment” médiatique : une méthode de lynchage utilisée par des groupes de pressions exclusives organisés, qui évaluent les conditions socio-économiques de nos pays avant de lancer des campagnes médiatiques de dénigrements orchestrées à dessein, pour couvrir d’éventuelles agressions ou de tueries sauvages.
Cette arme psychologique et militaire à la disposition des hordes du mal menaçant nos Etats, doit se heurter aujourd’hui à la force de la plume des intellectuels patriotes guinéens.
Mohama Soumah
|
| A la rencontre du livre et des capitaines de la plume
Par
Mohamed Salifou Keita |
N’a-t-on pas coutume de dire que la lecture est une nourriture spirituelle ? Cette assertion est de mise aujourd’hui au Centre culturel franco-guinéen. Du 21 au 26 novembre le dit centre ouvre la voie aux livres; Et, laisse libre cours aux écrivains d’ailleurs.
Sont-ils d’ailleurs ces auteurs qui nous viennent de France et de la Côte d’Ivoire. Ces capitaines de la plume qui nous revigorent par la densité et la dynamique de leurs créations littéraires, nous ouvrent des voies de plaisirs à travers leurs créations littéraires. Ils ne sont pas d’ailleurs. Oui ! je me souviens de cette exclamation de mon ami Alain BORER; Spécialiste de Rimbau, auteur de “Rimbau en Abyssinie”: Parlant de l’ailleurs, il disait ceci “hier le voyage était dans l’erreur”. Les Yves Pingouli, Jacques Chevrier, Fatou Kéïta, Michel Sanquet n’embrassent point cette erreur du temps des Rimbauds; ils viennent à la rencontre d’un peuple épris de culture vivant dans une diversité culturelle qui épouse aujourd’hui les fondements de l’interculuralité.
Nous aussi, sommes à l’attente du suc de leur connaissance. Nous y serons à cette rencontre des capitaines de la plume avec nos valeurs de civilisations endogènes.
Le Centre culturel franco-guinéen, lieu de convergence de toutes ces lumières, amorce ainsi une vitesse de croisière pour l’épanouissement de la culture du livre. C’est une occasion pour le Gotha restreint du monde du livre guinéen de vivre des instants de partage et d’échanges azimuts autour du livre.
Mohamed salif Kéïta
|
|
Le 18 août 1960, Dwigt Eisenhower décida de la mise à mort de Patrice Lumumba
Dans 3P-Plus N° 29 nous rapportions les péripéties de la liquidation physique du nationaliste africain Patrice Lumumba.
Deux mois après, les archives américaines viennent de livrer de nouveaux détails sur la mort de cet héros africain.
En effet, Robert Johnson affirme qu’une réunion eut lieu le 18 août 1960 entre “IKE” (Le président Dwigt Eisenhower) et la CIA. “IKE” décida de la liquidation physique du nationaliste Congolais (Patrice Lumumba) en donnant ordre à Allen Dulles (Directeur de la CIA) d’éliminer Patrice Lumumba.
Le 26 août 1960 Allen Dulles mit le mécanisme en route. Il lui aura suffit d’un coup de téléphone pour joindre le chef d’agence de la CIA au Congo : Les événements s’enchaînent, il reçut un flacon de poison pour accomplir la forfaiture en question. Ce n’est que tardivement, le 17 janvier 1961 que le sort du jeune leader Congolais est scellé grâce aux concours de certains de ses frères Congolais.
Mohamed Soumah
|
|
Livres du mois
ROMAN: Ahmadou Kourouma et les petits soldats |
|
“M’appelle Birahima Suis p’tit nègre. Pas parce que suis black et gosse. Non ! Mais suis petit nègre parce que je parle mal le français. C’é comme ça. Même si on est grand, même vieux, même arabe, chinois, blanc, russe, même américain; si on parle mal le français, on dit on parle p’tit nègre, on est p’tit nègre quand même. Ça c’est la loi du français de tous les jours qui veut ça”. Ainsi le gamin narrateur de ce livre dédicace “aux enfants de Djibouti: c’est à votre demande que ce livre a été écrit”.
Orphelin en déroute, “small-soldier, pas plus haut que le stick d’un officier”, Birahima, petit malinké de Côte d’Ivoire, flanqué de Yacouba, un “vrai grand quelqu’un”, féticheur et “multiplicateur de billets” part en quête de sa tante et d’un destin tragique et se retrouve enrôlé dans les conflits du Libéria et de Sierra Leone, des pays “fantastiques” où sévit la “guerre tribale”... Rapidement initié (“le colonel m’apprit lui-même le maniement de l’arme. C’était facile, il suffisait d’appuyer sur la détente et ça faisait tralala... Et ça tuait; ça tuait, les vivants tombaient comme des mouches”), Birahima voit mourir ses jeunes compagnons d’arme et apprend bien vite que “les animaux traitent mieux les blessés que les hommes ” et que, dans un tel monde, la vie “ne vaut pas le pet d’une vieille grand-mère ”... Emporté par la tourmente, Birahima vit et subit toutes les horreurs de la guerre. Rien ne lui sera épargné et, de ses 10 ou 12 ans (sa mère et sa grand-mère ne sont pas d’accord !), il ne cesse de côtoyer la mort quand il ne la provoque pas lui-même, jouant à tuer, avec une kalachnikov en guise de game-boy, comme d’autres, au même âge, jouent au football ou aux billes.
Au terme de sa descente aux enfers et nanti d’un superbe butin constitué de quatre dictionnaires (le dictionnaire Larousse et le petit Robert, l’Inventaire des particularités lexicales du français d’Afrique noire et le dictionnaire Harrap”s) Birahima entreprend de conter son aventure “avec les mots savants français de français , toubab, colon, colonialiste et raciste, les gros mots d’africain noir, nègre, sauvage, et les mots de nègre de salopard de pidgin”. Ainsi, tout au long de son récit, chacun des mots relevant de la compétence de ces quatre répertoires va être expliqué et livré au lecteur en français standard. Une attention que le narrateur adresse à ses futurs lecteurs puisque, selon ses propres termes, “son blablabla est à lire par toute sorte de gens : des toubabs, colons, des noirs indigènes sauvages d’Afrique et des francophones de tout gabarit (entendez genre) ”. Dans ce récit, teinté d’un humour caustique, l’innocence du regard et la naïveté de certains des propos rendent encore plus insoutenable la situation de ce gamin de la guerre qui n’est plus seulement victime mais aussi acteur, voire premier rôle dans la distribution de l’horreur. Birahima rejoint ainsi sur les routes incertaines de l’enfance en détresse, le gamin de Bogota, le pixote de Rio et tous les kids de Harlem ou du Bronx et, plus encore, le destin de Mené conté par le Nigérian Ken Saro-Wiwa dans Sozaboy, pétit minitaire, ce pauvre héros apprenti camionneur, emporté par amour et contre son gré dans la guerre du Biafra.
Ainsi, après l’évocation critique des indépendances dans Les Soleils des indépendances, ce maître-livre devenu une référence dans l’histoire littéraire africaine; après le passé colonial avec Monné, outrages et défis; après la virulente dénonciation des dictatures de l’Afrique; contemporaine dans En attendant le vote des bêtes sauvages, récent Prix du livre Inter et immense succès de librairie, Ahmadou Kourouma plonge, avec ce nouveau roman, au cœur de l’Afrique meurtrie dans la chair de ses enfants. Au-delà de la destinée individuelle de son jeune “héros”, l’écrivain ivoirien entreprend aussi, dans la droite ligne de son précédent roman, une violente dénonciation des régimes en place, des complicités et des compromissions dont ils bénéficient. Ici le romancier chasse à découvert, sans recourir à des noms d’emprunt et autres métaphores patronymiques. Il signe ainsi un superbe roman, cocasse et douloureux, dont le titre est, en fait, la première partie d’une phrase plus longue : “Allah n’est pas obligé d’être juste dans toutes ses choses ici-bas”...
|
|
Eléments de poétique du texte littéraire |
|
S’il est une notion qui a suscité intérêt et controverses depuis le début du XXe siècle. C’est bien celle de “TEXTE”.
Le développement de la linguistique, à partir du Cours de Ferdinand de Saussure dans les années 20, et d’études annexes comme la sémiologie, la stylistique, la pragmatique ou celle de certaines sciences comme la psychanalyse et le structuralisme, ont imprimé à l’étude du fait littéraire des orientations si importantes, qu’il est impossible, aujourd’hui, de prétendre tenir un discours cohérent sur le secteur de la vie culturelle qu’est la littérature, sans se référer à ces développements.
Les professeurs de Lettres tout comme les critiques littéraires qui s’adressent à des publics divers (scolaires, universitaires, grand public) auxquels ils proposent des grilles d’approche du fait littéraire, ont besoin de repères.
Les propositions qui suivent sont des balises destinées à éclairer “le possible parcours de lecture” des journalistes culturels que vous êtes.
Ainsi, tout d’abord, il vous sera présenté un rappel de la définition de quelques notions incontournables dans l’approche du fait littéraire, rappel qui sera suivi d’un examen des formes littéraires constitutives de quelques genres littéraires, à l’aide d’exemples pris dans le roman. Enfin, à partir d’une étude de cas-prétexte, nous essayerons d’examiner quelques problèmes et certaines interrogations suscitées par ces propositions.
1. Notions de poétique du texte
1- Littérature et Texte : On appelle “littérature” (du latin “littérature : écriture) l’ensemble de la production écrite pour un souci d’esthétique.
Par convention, est “littéraire” tout ce qui s’oppose aux sciences, aux arts et techniques, à l’information brute. La littérature n’a pas pour visée première l’utilité des productions qu’elle regroupe.
Une autre caractéristique est qu’elle a pour matière principale la langue, elle est travail sur des faits de langue.
Le texte littéraire, comme “tout énoncé, doit être appréhendé dans sa tension, son orientation vers autrui. Il est pour certains, “un laboratoire langagier” un lieu d’expérience et de fonctionnement du discours.
La conséquence d’une telle affirmation est que les limites du texte sont définies en conformité avec certaines conventions.
Une phrase est un texte. Tout texte commence par une majuscule est s’achève par un point. Il a non seulement une clôture, mais en tant qu’élément de discours, il a le statut d’énoncé, ce qui implique un émetteur et un récepteur liés par des conventions, dont le contrat de lecture. En outre, un texte littéraire est publié par un éditeur, dans une collection qui sont autant d’indices de sa situation sur le marché des biens culturels.
On peut citer à titre d’illustration, la création dans une grande maison comme Gallimard, de la nouvelle collection “Continents noirs” dont la qualité du papier permet de baisser le coût du volume, chose qui peut avoir un impact sur le désir de lire du lecteur.
(A SUIVRE)
Anndrée Marie N’DiAGNE |
|
|
|
|