Gouvernement
Kouyaté Bloqué par ses partenaires
L'un des prétextes avancés, pour s'excuser de la lenteur dans l'action gouvernementale, est la situation de blocage que connaîtrait le premier ministre Kouyaté dans la prise de certaines décisions estimées capitales, comme celles relatives à la restructuration des cabinets ministériels et à la nomination des sous- préfets.
Outre cette situation qui serait à la base de toutes les difficultés du premier ministre dans la conduite de ses charges, il y a que le gouvernement, dont il est le chef, semble avoir perdu, au fil du temps, le sourire que lui faisait afficher le soutien des citoyens qui, à force de scruter le ciel pour voir se réaliser les toutes premières promesses du Messie de la primature, auront fini par verser dans le scepticisme, quand fatigués d'attendre, ils n'ont senti aucune amélioration dans leur condition de survie quotidienne. Le passage du PM devant les députés, perçu par certains comme l'opportunité qui aura permis à Kouyaté d'user de ses derniers talents de charmeur, pour épater son auditoire, n'aura pas, pour autant, suscité le même enthousiasme chez de nombreux compatriotes restés, plutôt, sur leur faim. D'aucuns se seraient contentés d'émettre des réserves, en attendant que le programme éloquemment présenté, soit traduit dans les faits. A dire vrai, la situation d'ensemble laisse perplexe, même si les apparences affichées s'efforcent de ne pas trahir cette force de caractère simulée, que tente de fléchir la conscience que l'on se refuse d'avoir de ses insuffisances, par rapport à l'ampleur et aux exigences des charges qui s'alourdissent chaque jour, un peu plus. Question d'honneur, pourrait-on être amené à le penser, mais à l'impossible nul n'est tenu. C'est inutile de parer la grue de la robe du paon, pour tenter de donner à la foire aux apparences, les couleurs de l'arc-en-ciel. Cependant, il faut, sans compromettre les acquis des journées difficiles de Janvier/Février 2007- il s'agit, notamment de la libre opinion, des libertés individuelles et collectives, du droit de critiquer et du devoir d'accepter les critiques, de suggérer, et tous les autres droits conquis, pour affranchir le citoyen guinéen de l'arbitraire- ouvrir le débat démocratique national, pour la réconciliation et la tolérance. Mais surtout- et cela reste fondamental- mettre en place un gouvernement d'union nationale fondé, non sur un protocole d'accord restrictif, mais sur un véritable consensus national impliquant toutes les composantes sociales. La question qui se pose, aujourd'hui, c'est celle de la légitimité du gouvernement actuel par rapport au statut qui en fait un gouvernement de large consensus, à taille réduite, fondé, en plus, sur une exclusion sélective. Aucun membre de parti politique, aucun ancien ministre n'y figure. Serait-on devant un consensus ou un contresens ?
Les vraies difficultés auxquelles se trouve, aujourd'hui, confronté le gouvernement Kouyaté sont imputables, en grande partie, à ce facteur, non moins important, qui pourrait même être à l'origine de ce blocage servant, aujourd'hui, de fonds de commerce aux inconditionnels du soutien par principe. La toute première difficulté posée au premier ministre par les initiateurs du protocole d'accord tripartite, c'est le fait de lui avoir imposé d'exclure du choix de ses collaborateurs la classe politique et les anciens serviteurs de l'Etat dont certains, il faut le leur reconnaître, ont posé des actes positifs durant leur court séjour au gouvernement, tout comme beaucoup d'autres se sont illustrés dans les détournements de biens publics.
Fallait-il les accuser tous de rage, comme pour condamner une espèce présumée nuisible à l'Etat ? Le vrai blocage, s'il existait, se trouve à ce niveau. Il reste à savoir si le PM parviendra à s'affranchir de toutes ces restrictions qui l'empêchent de recourir librement aux services des compétences dont le gouvernement a besoin pour se titrer d'affaire. Pour l'instant, c'est l'impasse.
Thierno Dayèdio Barry