Reperes
Soif de justice! |
Le dossier des 7 milliards FG qui seraient sortis frauduleusement d’Ecobank, continue de faire couler salive et encre. Depuis plus de six mois, les présumés auteurs Lamine Baldé (agent commercial à Ecobank), Siaka Touré et Moustapha Kourouma sont détenus à la Maison Centrale de Conakry. Sans jugement. Pour les uns, le dossier se trouverait entre les mains du juge d’instruction. Pour les autres, il y aurait des blocages du côté du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme. Parents et amis des intéressés demeurent inquiets. Ils ne comprennent pas pourquoi le dossier tarde à être jugé. Qui a fait quoi dans cette affaire ? On a soif de justice.
La grève des avocats pouvait servir d’alibi. Maintenant qu’ils ont repris le chemin des cours et tribunaux, ça s’explique difficilement. Les défenseurs de Lamine Baldé et compagnie se battraient comme des lions pour que le dossier atterrisse devant les juges. Surtout que dans les
enquêtes préliminaires, les responsabilités des uns et des autres ont été situées. Ce serait l’agent commercial d’Ecobank qui a soumis le dossier de prêt de 7 milliards à Moustapha Kourouma, importateur de véhicules et pièces détachées. Avec de faux documents, dit-on. Malgré tout, le dossier a été visé par certains responsables, et non des moindres de la banque. Dont notamment le chargé des risques, le conseiller juridique et le Directeur Général. La fraude découverte, Lamine est épinglé puis conduit à la DPJ (Direction centrale de la police judiciaire). La police découvre des chéquiers de la société SOFA (spécialisée dans la distribution du riz à l’intérieur du pays) dans les tiroirs de M. Baldé associé à Siaka Touré. Qui sera épinglé pour complicité, mise en doute par quelque source anonyme (Siaka ne serait ni de près, ni de loin concerné par les 7 milliards GNF). Le bénéficiaire, Moustapha, se serait engagé à rembourser la totalité des sous, une fois la marchandise vendue. Pourquoi prolonger la procédure ?
Selon des sources concordantes, on voudrait que les accusés servent d’exemple pour décourager pareilles pratiques dans les institutions bancaires de la place. La fédération professionnelle des banques et assurances de Guinée (FESABAG) y veillerait comme à la prunelle de ses yeux. Il conviendrait que l’instruction se poursuive et que la police mène ses enquêtes plus loin. Pour savoir si l’argent n’a pas atterri dans des comptes fictifs. D’après les proches des accusés, certains ne voient pas d’un bon œil un procès avec des révélations qui pourraient amener certains hauts responsables de la banque à témoigner à la barre. S’achemine-t-on vers un dossier à classer?
Azoca Bah |
Union Africaine
Le gouvernement continental se discute à Conakry |
«Le grand débat sur le Gouvernement de l’Union Africaine vers les Etats-Unis d’Afrique», c’est le thème d’un atelier national qui a réuni autour d’une même table, les 22 et 23 janvier à l’hôtel Mariador Palace, présidents des institutions républicaines, représentants des partis politiques, syndicalistes, historiens, acteurs de la société civile, fonctionnaires des départements ministériels. La rencontre présidée par M. Lansana Kouyaté, Premier ministre devrait se pencher sur la problématique de la mise sur pied d’un Gouvernement africain tel que le souhaite le Président libyen Moammar Khadhafi. «Cet atelier national fait suite au lancement formel début juillet 2007 à Accra du grand débat sur le gouvernement de l’union africaine lors de la dernière session ordinaire du sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement» a introduit Alpha Yaya Diallo, directeur national de l’intégration africaine.
Pour M. Abdoul Kabèlè Camara, le ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration africaine «toutes les forces s’accordent sur l’impérieuse nécessité de qualifier le processus d’intégration du continent pour permettre aux petites économies de nos micro Etats hérités, de la balkanisation de l’Afrique par les puissances occupantes d’hier, de constituer un marché commun africain. Il n’est plus besoin de démontrer que l’intégration est le passage obligé pour le développement solidaire de nos Etats. Nous devons y arriver pour résister au choc externe découlant de cette mondialisation et parer aux contingences internes en vue de promouvoir la croissance économique et le développement soutenu et autonome auquel aspirent tous les Africains». «c’est surtout le manque d’engagement fort des Etats qui a le plus pesé les processus d’intégration. Souvent, trop craintifs pour leur souveraineté individuelle, les Etats acceptent difficilement de céder une partie de celle-ci. L’Afrique doit absolument accélérer son intégration si elle veut éviter d’être engloutie par le tsunami de la mondialisation».
Après avoir fait observer une minute de silence à la mémoire des victimes des avènements de janvier, Lansana Kouyaté a déclaré: «L’intégration est une réalité politique, pas seulement économique. Les pays européens pris isolement constituent de grands marchés, mais l’Europe veut aller vers une intégration économique». M. Lansana Kouyaté a précisé que cet atelier n’est pas seulement le résultat des recommandations d’Accra mais la concrétisation de la promesse qu’il avait tenue d’organiser une concertation nationale sur les Etats-Unis d’Afrique avant le 10ème sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement prévu dans quelques semaines à Addis Abeba.
Qu’est-ce qui empêche l’intégration africaine malgré les multiples rencontres internationales et les ballets diplomatiques ? «Les Gouvernements africains n’appliquent pas les décisions prises» répond Lansana Kouyaté. Qui estime que pour rendre l’intégration africaine effective, les dirigeants africains doivent respecter les décisions issues des rencontres et veiller à leur application à la lettre dans leur pays. «Sans cela l’intégration risque d’être un vain mot» a conclu le Premier ministre. Le Guide Libyen appréciera.
Abou Bakr |